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jeudi, novembre 05, 2015

Le club des divorcés - Kamimura





Dans un rue de Ginza se trouve « Le club des divorcés ». Un bar où les hommes viennent chercher un peu de réconfort auprès de Yuko et ses employées, toutes divorcées. Dans ce Japon des années 70, le divorce est monnaie courante. Chocs pétroliers et émancipation des femmes font vaciller les couples qui se font et se défont presque aussi vite. Yuko est une femme comme les autres, elle se débat dans ce pays empli d’incertitudes. Gérante d’un bar, elle essaie de s’en sortir. Elle est divorcée, a un enfant et un ex-mari qui ne peut l’oublier. Pourtant, elle est tiraillée entre son rôle de mère et ses désirs de femme. Une fois encore Kamimura a su dépeindre les affres de son époque. Une ère où le mariage n’avait pas l’importance que nous lui donnons aujourd’hui. Une époque qu’il nous livre à travers le personnage de Yuko mais aussi au travers de ces hommes et femmes qui gravitent autour d’elle. Une période économiquement dure pour les couples qui, parfois pour survivre, devaient se dire adieu.




Le club des divorcés chez Kana. Une série complète en deux tomes.

Aurely

mercredi, novembre 21, 2012

Maria chez Kana


Avec Maria, l’histoire d’une adolescente dans le Japon des années 70, le maître Kamimura s’attaque aux tabous de son époque, libertinage, homosexualité, inceste, mais aussi au mal être chez les jeunes, tout comme chez les adultes.
L’excellence de sa mise en scène, l’élégance de son trait, servent à merveille une écriture percutante, sans concession. Kamimura bouscule la société nippone et fait souffler un vent nouveau sur le manga de l’époque.
 




L’œuvre a dut choquer lors de sa sortie, car la société n’était pas prête je pense à accepter certaines révélations ou du moins n’osait pas les exposer à la face du monde. Plus de vingt ans plus tard, ces tabous n’en sont plus vraiment. Bien entendu je ne généralise pas la situation, Maria est a elle seule le condensé de tous ces travers si on peut les nommer ainsi.

Je vous conseille de lire également « Lorsque nous vivions ensemble » car les héros sont un peu comme « Maria », Ils ont une soif d’indépendance et de liberté, ils se font mal pour se prouver qu’ils existent, ne serait-ce que pour ressentir leurs cœur battre dans le seul but d’avancer. 


 


Maria chez Kana 13,50€
Lorsque nous vivions ensemble chez Kana 16,20€

Aurely


Source: Kana

jeudi, février 02, 2012

Angoulème 2012 Prix Regards sur le monde


A la découverte du manga (2ème partie)




Poursuivant mon envie dévorante de découvrir de nouveaux horizons, mon collègue Nicolas me conseilla Tatsumi Yoshihiro.


Je débutai ma lecture par « Coups d’éclat », un chef d’œuvre à mes yeux. J’avais enfin trouvé un auteur qui me montrait la vie telle qu’elle est, tantôt noire, cynique, belle, mais toujours juste.



A l’heure actuelle j’ai lu tout ce qui a été édité de Tatsumi. Je voudrais vous faire partager la chronique écrite par mon collègue, Nicolas lors de la sortie du dernier Tatsumi « Une vie dans les marges ». Cet ouvrage ayant été nominé aux Eisner awards 2010 dans la catégorie meilleure travail autobiographique, a reçu cette année à Angoulème le prix pour Regards sur le monde.


La chronique sera suivie d’une petite biographie ainsi que de mes impressions vis-à-vis de l’auteur et de ses œuvres.



Japon, 1957 : Le manga entre dans une nouvelle ère !


Au travers d’ « une vie dans les marges », Yoshiro Tatsumi nous dévoile son imposant parcours dans le monde de la bande dessinée nippone mais surtout comment il prit part en 1957 à la fondation du Gekiga, le mouvement qui allait donner un nouveau visage au MANGA ; il sera désormais résolument adulte, dramatique, social mais surtout politiquement engagé !


Un témoignage passionnant en 2 volumes de l’un des plus importants auteurs du neuvième art.


Nicolas.




Yoshihiro Tatsumi créa un nouveau genre fin des années 50, le gegika. Grand maître de ce courant, il eu l’intelligence de s’opposer aux mangas traditionnels, facilement identifiables par le grand public. Le gegika n’est autre qu’un courant de BD adulte qui ne cherche qu’à s’affranchir de ses aînés, un mouvement semblable aux comics-books et à la BD franco-belge dans les années 70.




Tatsumi a l’art de rendre avec une infinie tendresse les contradictions d’une société aliénante, au point de pousser l’homme ordinaire dans des situations des plus extrêmes : du bon fils de famille contraint de faire emménager sa mère dans la « Colline où l’on abandonne les siens » pour pouvoir vivre à son tour sa propre vie, à l’employé de pompes funèbres qui est amené à enterrer l’amour de sa vie longtemps perdue de vue, jusqu’à la jeune fille violée, recueillie par un ami et qui retrouvera l’homme qui l’a souillée.


On le voit, ses œuvres sortent de l’ordinaire, c’est ce en quoi Tatsumi est unique.



Ses œuvres ont été traduites en plusieurs langues, et plus récemment, l’éditeur canadien Drawn and Quarterly s’y est lancé, en collaboration avec Adrian Tomine (Loin d’être parfait) auteur américain d’origine japonaise.


Vous pourrez d’ailleurs lire la préface de Tomine dans « Coups d’éclat », une préface intéressante qui vous en dira assez pour être séduit par cet univers unique que nous offre Yoshihiro Tatsumi.



Disponible chez vertige graphique :


Coups d’éclat


Les larmes de la bête


Good bye



Disponible chez Cornelius :


L’enfer


Une vie dans les marges – 2 vol.





Aurely et Nicolas





dimanche, janvier 16, 2011

Dans les plaines dorées du Kantô

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Je souhaitais placer avant cette chronique un texte intitulé Gekiga mon amour: des "faux mangas" de Jirô Taniguchi aux "innombrables images" d'Ishinomori où je défends un courant encore trop peu connu de la Bande Dessinée japonaise. J'ai préféré le publier comme un sujet indépendant sur notre site internet (il est accessible via ce lien: Gekiga mon amour). L'ouvrage La Plaine du Kantô me semble être une porte d'entrée parfaite pour celles et ceux qui voudraient découvrir ce qui fait la force du "gekiga" et explorer la forêt cachée derrière l'arbre Taniguchi... Nicolas
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Notre chronique: Il existe de nombreux récits initiatiques mais rares sont ceux qui évoquent en parallèle et avec autant de sensibilité le passage d'un enfant à l'âge adulte et celui de toute une nation à une ère nouvelle de son hisoire. Avec le premier volume de sa trilogie La Plaine du Kantô, Kazuo Kamimura nous livre le témoignage intime de ce à quoi ressembla sa jeunesse au lendemain de la reddition du Japon en août 1945. Au travers du regard de Kinta, un jeune orphelin de sept ans, il nous donne à voir l'effondrement d'un Empire qui s'isola plusieurs siècles avant d'être pris par une fièvre expansionniste violente et aveugle. Une fois passée la période d'incrédulité liée à l'inconcevable défaite, la population japonaise voit son sol foulé par l'occupant américain. Le soleil levant dessine un nouvel horizon sur les vastes pleines dorées du Kantô, un horizon qui s'ouvre sur des territoires inconnus et autrefois interdits. Auprès de son grand-père romancier et des amis libertaires qui lui rendent visite, le jeune Kinta sera initié à des valeurs et des idées bannies par l'ancien régime totalitaire. Le Désir, si longtemps réprimé, inonde alors les plaines comme un torrent impétueux libéré par la rupture d'un barrage. Hommes et femmes sont possédés par l'envie de vivre plutôt que survivre; ils s'enflamment jusqu'à se consumer parfois. Alors que des drames cruels et passionnels se jouent autour de lui, Kinta plonge à son tour dans les eaux troubles d'un nouvel âge. Sa jeune voisine Ginko lui fera connaître ses premiers émois. Elle lui fera découvrir ces émotions complexes et équivoques que le trait élégant et épuré de Kazuo Kamimura retient ou libère au fil d'un récit habité.

Avec La Plaine du Kantô, les éditions Kana nous offrent l'une des oeuvres les plus remarquables du regretté auteur de Lady Snowblood et de Lorsque nous vivions ensemble. Comme dans le premier tome de Persepolis de Marjane Satrapi, Kazuo Kamimura saisit combien "un seul individu est très universel". Il isole la voix du jeune Kinta pour évoquer les bouleversements d'un lieu et d'une époque et la faire résonner au-delà de ce contexte pour toucher à ce qui tient de l'essence de la condition humaine. Il signe un chef-d'oeuvre du "gekiga" à ranger tout près de L'homme sans talent de Yoshiharu Tsuge et des Larmes de la bête de Yoshihiro Tatsumi. Nicolas

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La Plaine du Kantô, volume 01 de Kazuo Kamimura, Kana (Sensei), 14.40€ (au lieu de 18.00€)

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- Une présentation audio de la mythique revue GARO (et du "gekiga") par l'historien Erwin Dejasse est disponible sur cette page.

- Une présentation des ouvrages de Kazuo Kamimura sur le site des éditions Kana.



jeudi, décembre 30, 2010

2010 se clôt sur un chef-d'oeuvre!

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Quel est le prix de la dignité humaine?

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Nés dans trois classes sociales différentes, Kamui, Shôsuke et Ryûnoshin seront dès leur enfance confrontés au système de castes mis en place par les tout-puissants seigneurs féodaux de l'ère Edo. Ces derniers ont en effet placé des hommes au ban de la société afin que les paysans, asphyxiés par les impôts, déchaînent leur haine sur ces parias plutôt que sur leurs maîtres. Le jeune Kamui ne peut accepter bien longtemps le traitement inhumain qui lui est infligé aini qu'à ses proches. Pour prendre sa revanche sur le destin qui lui a été imposé, il faut donc supporter les coups sans broncher... et apprendre à les rendre. Mais la violence n'est pas la seule arme qui peut faire chanceler le pouvoir en place. Pour le domestique Shôsuke, l'éducation est un fabuleux outil qui devrait lui permettre de s'élever dans la société et devenir agriculteur indépendant. Ryûnoshin, jeune samouraï dont la famille a été décimée après une vile trahison, devra quant à lui partager le quotidien des "sous-hommes" qu'il méprisait jadis s'il veut survivre et espérer un jour réclamer justice.

Cette quête de Justice est au centre de l'oeuvre de SANPEI SHIRATO qui n'aura de cesse de défendre la dignité humaine qu'il sent bafouée alors qu'il dessine les 6000 pages de KAMUI DEN. Son sentiment de colère marquera profondément des milliers de lecteurs et sa série se fera bientôt l'écho de la contre-culture qui s'étend dans son pays. Comme aux Etats-Unis et en Europe en ce milieu des années '60, de nombreuses voix s'élèvent au Japon. Si celui-ci connaît alors un véritable "miracle économique", sa population souffre de grandes inégalités sociales. La présence des troupes américaines sur son sol et l'alignement avec "l'occupant" sur la question de la guerre du Viêt Nam contribuent également à l'éveil d'une vive contestation politique. C'est dans ce contexte que naît la mythique revue japonaise GARO où la série KAMUI DEN sera publiée dès son premier numéro en 1964. Au rythme de 100 planches par mois, SANPEI SHIRATO rédige alors ce que tous les historiens considèrent aujourd'hui comme l'un des plus importants jalons de la Bande Dessinée japonaise.

Cri de révolte porté par un souffle épique digne des films d'Akira Kurosawa et un trait aussi puissant qu'élégant, KAMUI DEN est enfin disponible pour les amoureux francophones du Neuvième Art. Justice a été rendue... à l'oeuvre de SANPEI SHIRATO! Nicolas.

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KAMUI DEN volume 1 de Sanpei Shirato, Kana, 23.20€ (au lieu de 29.00€)

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- Une présentation audio de la mythique revue GARO par l'historien Erwin Dejasse est disponible sur cette page.

- La présentation de KAMUI DEN sur le site des éditions Kana.